Dans un contexte économique marqué par la complexité, l’interconnexion mondiale, les cyberattaques, la volatilité des marchés, les enjeux climatiques ou encore les obligations réglementaires croissantes, le rôle du risk manager est devenu crucial. Ce professionnel a pour mission de détecter, évaluer, prévenir et piloter les risques qui peuvent affecter une entreprise : financiers, juridiques, opérationnels, informatiques, environnementaux ou encore réputationnels.
Contrairement à une vision ancienne qui limitait la gestion des risques à la conformité ou à l’assurance, le risk manager d’aujourd’hui est un acteur stratégique, intégré aux instances décisionnelles, capable de dialoguer à la fois avec la direction générale, le département juridique, les financiers, les DSI ou les experts en cybersécurité.
Découvrez aussi nos autres fiches métiers juste ici !
Pour plus découvrir les formations dans l’enseignement supérieur, n’’hésite pas à nous suivre sur nos réseaux sociaux : Instagram, TikTok
Quelles sont les missions du Risk Manager ?
Les missions du risk manager sont larges, transversales, et parfois confidentielles. Il s’agit d’un poste à forte responsabilité, où la capacité d’anticipation, d’analyse et de communication est primordiale.Voici les principales tâches confiées à un risk manager :
- Identifier les risques : cela commence par un audit complet des vulnérabilités de l’organisation (financières, humaines, techniques, légales, géopolitiques…). Il croise des sources internes (indicateurs, données de production, audits passés) et externes (réglementations, environnement concurrentiel, événements climatiques…).
- Évaluer leur probabilité et leur impact : chaque risque est hiérarchisé selon sa fréquence estimée et la gravité de ses conséquences. Le risk manager utilise des matrices d’impact, des modèles probabilistes, parfois de l’intelligence artificielle prédictive.
- Proposer des actions de prévention ou de couverture : plans de formation, nouveaux process, sécurisation informatique, assurance, diversification fournisseurs, doublement des serveurs… Le risk manager travaille en étroite collaboration avec toutes les fonctions opérationnelles.
- Élaborer un plan de gestion de crise : en cas d’événement grave (cyberattaque, incendie, fraude, scandale médiatique), il doit avoir prévu des plans de continuité d’activité (PCA) et des procédures de réponse (business recovery plans).
- Suivre les évolutions réglementaires : RGPD, normes ISO, directives européennes, obligations sectorielles… Il est garant de la conformité et de la protection de l’entreprise face aux évolutions juridiques.
- Sensibiliser les équipes : il participe à la diffusion d’une culture du risque en interne, par des ateliers, des rapports, ou des échanges réguliers avec les directions.
Quelles compétences sont nécessaires pour exercer ce métier ?
Le risk manager est un professionnel exigeant, qui doit conjuguer une grande rigueur d’analyse, une vision stratégique et une excellente communication. Il doit être à la fois capable de dialoguer avec des profils techniques (DSI, juristes, ingénieurs), tout en rendant ses conclusions compréhensibles pour la direction générale.Les compétences essentielles :
- Solides bases en gestion, finance, droit et audit
- Maîtrise des outils d’analyse de risque (cartographie, modélisation, scoring, ISO 31000…)
- Bonne culture réglementaire et veille juridique
- Esprit analytique poussé, capable de synthétiser de nombreuses données
- Capacité à travailler en transverse, avec toutes les fonctions de l’entreprise
- Aisance en communication, pour expliquer des risques complexes à des non-spécialistes
- Réactivité et sang-froid en situation de crise
- Maîtrise de l’anglais professionnel, souvent indispensable dans les groupes internationaux
Quelle orientation au lycée pour devenir Risk Manager ?
Le métier de risk manager exige des compétences scientifiques, juridiques et économiques. Dès le lycée, certains choix de spécialités facilitent l’accès aux filières adaptées :Mathématiques : une spécialité incontournable pour tout profil visant une école d’ingénieur, de commerce ou un cursus en finance, car elle est au cœur de l’analyse des probabilités, des modèles et des données.
Sciences économiques et sociales (SES) : pour acquérir une culture économique, juridique et managériale.
HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques) : utile pour comprendre les dynamiques globales, les risques géopolitiques et les environnements réglementaires complexes.
En filière technologique, la STMG spécialité gestion et finance peut constituer une porte d’entrée vers un BUT ou une licence en gestion, mais nécessitera souvent une poursuite d’études ambitieuse.
Quelle formation pour devenir Risk Manager ?
Le métier est très rarement accessible directement à la sortie d’un bac +3. Il nécessite un haut niveau d’expertise, d’analyse et de spécialisation. La majorité des risk managers sont issus de formations Bac +5, voire Bac +6, dans des cursus d’excellence.
Les parcours possibles :
1. Écoles de commerce avec spécialisation en gestion des risques
- HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, EM Lyon proposent des masters spécialisés en risk management, en audit, ou en finance.
- Ces parcours allient finance d’entreprise, contrôle interne, stratégie, gestion des risques opérationnels.
Si les écoles de commerce t’intéressent, consulte notre article sur les bachelors des écoles de commerce !
2. Écoles d’ingénieurs avec double compétence
- CentraleSupélec, Arts et Métiers, INSA, Mines ou Télécom Paris proposent des spécialisations en gestion de crise, cybersécurité, risques industriels ou data science.
- Certains ingénieurs complètent leur cursus par un master 2 en finance ou en droit des affaires.
3. Universités avec master en gestion des risques
- Université Paris-Dauphine (Master Management des Risques)
- Université Panthéon-Sorbonne (Master Droit et gestion du risque)
- Toulouse School of Economics, Aix-Marseille, Lyon, Strasbourg, etc.
- Ces masters abordent à la fois la gestion des risques financiers, juridiques, environnementaux, industriels ou assurantiels.
4. Formations spécialisées ou certifiantes
- Certification AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise)
- Certificats de l’IFA (Institut Français des Administrateurs)
- Formations en risk management dispensées par des cabinets de conseil ou des universités à distance
Un profil avec double compétence (par exemple ingénieur + master en finance, ou juriste + spécialisation en conformité) est particulièrement apprécié dans les grandes entreprises et institutions.
Quel est le salaire d’un Risk Manager ?
Voici le tableau des salaires d’un Risk Manager :
| Niveau d’expérience | Salaire mensuel brut estimé | Commentaires |
|---|---|---|
| Débutant (0 à 2 ans) | 2 800 € à 3 500 € | En entreprise ou cabinet d’audit ; jusqu’à 4 000 € dans un grand groupe |
| Profil confirmé (5 à 10 ans) | 4 500 € à 6 500 € | Évolution rapide, notamment dans la banque, l’assurance ou les grands groupes |
| Risk Manager senior / Responsable risques | 7 000 € à 8 000 € | Avec primes ou participation ; expert reconnu, périmètre étendu |
| CRO / Directeur des risques | 9 000 € à 12 000 € (voire plus) | Niveau COMEX ; rôle stratégique ; expertise très pointue dans un grand groupe |
Dans quels secteurs exerce le Risk Manager ? Un rôle transversal, stratégique et en pleine expansion
Le risk manager n’appartient pas à un secteur unique, car le besoin de sécurisation et de maîtrise des risques s’est démocratisé dans tous les domaines d’activité. Cependant, certaines filières ont été pionnières dans l’intégration de ce rôle à haut niveau.
1. Le secteur bancaire et assurantiel
C’est le berceau historique de la gestion des risques, en particulier pour les risques financiers et de crédit. Dans une banque, le risk manager est au cœur de l’évaluation des risques liés aux prêts, aux produits financiers complexes, à la liquidité ou à la solvabilité. Il s’assure que l’institution respecte les exigences des régulateurs (comme Bâle III) et dispose d’outils de couverture efficaces.
Dans une compagnie d’assurance, il intervient sur le calcul de la sinistralité, la modélisation actuarielle des risques ou la conception de nouveaux produits en fonction des évolutions sociétales (cyber, climat, santé…).
2. L’industrie et l’ingénierie
Dans les secteurs comme l’énergie, l’aéronautique, le ferroviaire ou la chimie, le risk manager s’occupe avant tout des risques opérationnels et industriels : défauts techniques, erreurs humaines, dysfonctionnements de chaîne logistique, incidents environnementaux. Il joue un rôle clé dans les certifications ISO, dans la gestion des sous-traitants, ou dans la conception de plans de secours en cas de catastrophe.
3. La cybersécurité et la transformation numérique
Avec l’augmentation spectaculaire des cyberattaques, la numérisation des processus internes et l’usage massif des données personnelles, la cybersécurité est devenue un axe majeur de la gestion des risques. De nombreuses entreprises recrutent désormais des risk managers spécialisés en cyber, en lien avec les RSSI (Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information), pour évaluer l’exposition aux menaces numériques et construire des protocoles de réponse.
4. Le luxe, la grande distribution, les médias, la santé
Ces secteurs, longtemps éloignés du formalisme de la gestion des risques, s’y sont convertis progressivement. L’objectif : protéger leur image, leur capital immatériel, assurer la continuité des ventes en cas de rupture de chaîne, ou anticiper les attaques informationnelles (bad buzz, fake news, crises d’e-réputation).
5. Le secteur public, les ONG, les collectivités
La gestion des risques est aussi un enjeu dans les administrations, qui doivent anticiper les aléas climatiques, les crises sanitaires, les mouvements sociaux ou les risques juridiques dans les contrats publics. Le risk manager est alors souvent intégré aux directions de la sûreté, du juridique ou des marchés publics.
En somme, le risk manager est devenu un acteur essentiel dans toutes les organisations exposées à des facteurs d’incertitude — c’est-à-dire pratiquement toutes aujourd’hui.
Quelles sont les évolutions de carrière pour un Risk Manager ? Une fonction tremplin vers la direction
Le poste de risk manager est rarement une fin de carrière. Il constitue en réalité une plateforme d’évolution vers des fonctions stratégiques, techniques ou transversales.
Responsable du contrôle interne
C’est une suite logique. Le contrôle interne vise à s’assurer que l’entreprise respecte ses procédures internes, ses objectifs opérationnels et ses obligations réglementaires. Un ancien risk manager y trouve un cadre structuré pour mettre en place des systèmes d’évaluation des risques récurrents.
Compliance Officer / Responsable conformité
La fonction conformité est voisine de celle du risk manager, avec une approche plus juridique. On y veille à ce que l’ensemble des activités de l’entreprise soient conformes aux lois et règlements, en particulier dans les domaines sensibles comme la protection des données, la lutte anti-corruption ou le blanchiment.
Chief Risk Officer (CRO)
Dans les grands groupes, le risk manager peut devenir directeur des risques, avec un périmètre élargi à tous les risques globaux de l’entreprise. Ce poste stratégique est rattaché directement à la direction générale ou au conseil d’administration. Il représente souvent l’entreprise devant les autorités réglementaires ou les comités d’audit.
Consultant indépendant ou expert en gestion des risques
Certains professionnels expérimentés créent leur propre structure de conseil ou rejoignent des cabinets spécialisés (PwC, Mazars, EY, Deloitte…) pour accompagner des entreprises dans leurs diagnostics, certifications et plans de résilience.
Responsable RSE ou développement durable
Pour les risk managers sensibles aux enjeux environnementaux et sociétaux, une transition vers la stratégie RSE(Responsabilité Sociétale des Entreprises) est possible. L’analyse des risques ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) devient un champ d’expertise clé dans les grandes entreprises.
Personnalités célèbres ou influentes liées au métier de Risk Manager
Le métier de risk manager n’est pas médiatisé comme ceux de trader, CEO ou avocat d’affaires. Néanmoins, plusieurs figures ont illustré les enjeux de la gestion des risques au plus haut niveau, ou ont contribué à professionnaliser la discipline.
Nassim Nicholas Taleb
Ancien trader, statisticien et philosophe du risque, auteur du célèbre ouvrage Le Cygne Noir (The Black Swan). Bien qu’il n’ait jamais été risk manager au sens strict, il a influencé des milliers de professionnels en montrant à quel point les événements rares, imprévisibles mais à fort impact, sont sous-estimés dans la gestion des risques classique.
Christine Lagarde
En tant qu’ancienne directrice du FMI, puis présidente de la Banque Centrale Européenne, elle a travaillé au plus haut niveau sur la gestion des risques financiers mondiaux, en particulier en temps de crise. Son approche mêle stratégie, régulation et politique du risque.
Mario Draghi
Ancien président de la BCE, il est l’un des hommes ayant le plus pesé sur la régulation des risques bancaires en Europe (Bâle III, stress tests…). Son action a contribué à structurer durablement la professionnalisation du risk management dans les institutions financières.
Fiche métier Risk Manager : tableau récapitulatif synthétique
| Élément | Détail |
|---|---|
| Niveau d’études recommandé | Bac +5 à Bac +6 |
| Formations types | Master en risk management, finance, droit, audit, école de commerce ou d’ingénieur |
| Salaire débutant | 2 800 à 4 000 € brut/mois selon secteur et profil |
| Salaire après 5-10 ans | 4 500 à 8 000 € brut/mois (jusqu’à 12 000 € pour un CRO ou senior expert) |
| Compétences clés | Analyse, modélisation, rigueur, communication, culture juridique |
| Secteurs d’activité | Banque, industrie, assurance, énergie, santé, numérique, secteur public |
| Évolutions de carrière | CRO, compliance officer, consultant, responsable contrôle interne |
| Spécialités lycée recommandées | Mathématiques, SES, HGGSP, STMG (finance) |
| Personnalités liées | N. N. Taleb, Christine Lagarde, Mario Draghi |
Si tu es intéressé par les BTS NDRC , découvre nos classements des BTS NDRC par ville !
Découvre nos autres fiches métier dans le domaine e la finance, de la gestion et du commerce:
Et si tu t’intéresses également aux Grandes Ecoles de commerce, inscris-toi sur PostBac ! C’est gratuit, sans aucun engagement. Chez nous, ce sont les écoles qui postulent pour toi.

